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Économie mondiale des applications : hypercroissance et nouveaux enjeux de régulation

<p>Économie mondiale</p>
<p>des applications :</p>
<p>hypercroissance et</p>
<p>nouvelles régulations</p>
<p> </p>

L’« économie des applications » («App economy ») a pris forme avec la montée en puissance des usages mobiles. Ce secteur d’activité qui n’existe que depuis 2008 emploierait désormais 2,9 millions de personnes dans le monde, dont 800 000 en Europe.

Sans doute convient-il de distinguer une économie des apps au sens restreint (directement liée au développement depuis 2008 des boutiques applicatives qui constituent le vecteur de diffusion et de monétisation privilégié des applications mobiles) et une économie des apps « étendue », qui prend en compte l’ensemble des personnes qui travaillent au développement de solutions mobiles : dans le cadre d’une entreprise, d’un éditeur ou d’une société de services).

L’économie mondiale des applications s’est développée au point de représenter aujourd’hui un montant de 30 milliards $ (les projections estiment qu’elle pourrait atteindre 200 milliards de dollars en 2020) (source : CNBC/Nielsen).

102 milliards d'applications téléchargées en 2013

Selon le cabinet d'analyse du marché mobile Flurry, l’utilisation des applications mobiles a augmenté de 115 % en 2013. (Par « utilisation », il convient d’entendre le lancement d'une application sur un terminal mobile). L’utilisation des applications de messagerie et de réseaux communautaires comme Instagram, SnapChat, Facebook ou Twitter, a grimpé de 203 % en 2013 alors que celle des applications utilitaires (comme celles des « lampes torches ») enregistrait une progression de 149 %.

Le cabinet Gartner estime quant à lui à près de 102 milliards le nombre d'applications téléchargées en 2013 depuis les boutiques applicatives mobiles, contre 64 millions en 2012, soit une progression de 62 %. Pour leur immense majorité (91 %) ces applications étaient gratuites. La part des applications gratuites pourrait même passer de 91 % en 2013 à 94 % en 2017. Les 9 milliards d’applications payantes auraient généré un chiffre d’affaires de 26 milliards $ : le montant moyen se situerait autour de 2,80 dollars par application téléchargée, qu’il s’agisse d’une vente unitaire ou de formules d’abonnement.

Selon Gartner, le nombre de ces téléchargements pourrait atteindre 139 milliards $ en 2014, et près de 269 milliards en 2017. Cependant, la croissance de ces téléchargements devrait progressivement ralentir après 2014. « Les téléchargements moyens par appareil sont élevés les premières années, quand les utilisateurs découvrent leur appareil et les applications disponibles. Au fil du temps, ils cessent d’accumuler les applications. La dynamique du secteur reposerait en grande partie sur la croissance du parc de terminaux mobiles et d’utilisateurs. » 

Les deux plateformes majeures dédiées aux applications mobiles App Store et Google Play comptent désormais plus d’un million d’applications
Avec 2,5 milliards de téléchargements mensuels, Google Play aurait dépassé l’AppStore d’Apple au cours des derniers mois de 2013 selon le cabinet Distimo. Cependant, l'App Store concentrerait les deux tiers des revenus générés par les applications mobiles. Ces estimations de revenus ne prennent pas en compte les recettes « secondaires » générées grâce aux publicités placées dans les applications.

Apple déclarait début janvier avoir réalisé en 2013 un volume d'affaires de plus de 10 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros) grâce à sa boutique d'applications, dont 30 % reversés aux développeurs, soit autour de 7 milliards de dollars). 

L’Europe représente 1/5 des revenus mondiaux des applications mobiles

Selon le cabinet britannique Vision Mobile, l’économie mondiale des applications mobiles devrait atteindre 86 milliards $ en 2014, dont 16,5 milliards $ générés dans l’Union Européenne.

La part des applications mobiles développées en Europe dans l’économie mondiale des applications mobiles (tous revenus confondus : ventes, extensions payantes et revenus publicitaires) aurait baissé de 4 %, passant de 25 % en 2012 à 19 % en 2014.
Depuis 2012, les ventes des développeurs et éditeurs européens d’applications ont connu une croissance soutenue de 25 % : moindre cependant que celle observée dans le reste du monde (73 %).

L’offre européenne d’applications mobiles ne bénéficie que marginalement de la forte progression du nombre de mobinautes dans le monde, notamment en Chine et en Inde (avec 400 000 nouveaux mobinautes pour la seule année 2014). En 2013, l’Asie comptait trois fois plus de smartphones utilisés que l’Europe.
Vision Mobile estime à près de 670 000 le nombre d’emplois pouvant être attribués directement aux applications mobiles (développement, production, marketing et ventes), dont 400 000 développeurs. En comptant l’ensemble des emplois directs et indirects, VisionMobile chiffre à 1 million le nombre d’emplois liés aux applications mobiles (Source : VisionMobile).

Le tableau que dresse Vision Mobile de l’économie européenne des applications diffère sensiblement de celui qui avait été établi par Gigacom Research et NUI Galway pour la Commission Européenne (« Sizing the EU App Economy »), Selon cette étude, la majeure partie des revenus des éditeurs et développeurs européens d’applications provenait de prestations (pour un montant de 15,8 milliards $), les ventes, extensions payantes et revenus publicitaires (hors prélèvements opérés des magasins d’applications) ne générant que 8 milliards $.


2,9 millions de développeurs mobiles dans le monde

Le cabinet Vision Mobile évalue à 2,9 millions le nombre de développeurs dans le monde qui se consacrent en 2014 à la réalisation d’applications mobiles. Ce chiffre prend en compte les développeurs indépendants que ceux qui conçoivent des applications dans le cadre d’une entreprise, d’un éditeur ou d’une société de services. (Source : Sizing the EU App Economy). 

En 2013, avec 760 000 développeurs mobiles (33 % du total), l’Asie devançait l’Europe et l’Amérique du Nord, qui en comptaient chacune 680 000 (29,5 %). Ils étaient 70 000 en Afrique (3 %) et 80 000 en Amérique latine (3,5 %). (Source : Vision Mobile).

Dans le rapport qu’ils ont réalisé pour la Commission Européenne (« Sizing the EU App Economy »), Gigacom Research et NUI Galway évaluent, pour leur part, à un million le nombre de développeurs concernés par l’économie des applications mobiles en Europe. http://europa.eu/rapid/press-release_IP-14-145_en.htm
Dans la dernière édition du rapport qu’il consacre chaque année à la population mondiale des développeurs, le cabinet Evans Data Corporation estime que 44 % des développeurs de logiciels travaillent désormais au développement de solutions mobiles, soit 8 millions (pour un total de 18 millions dans le monde). Ces 8 millions de développeurs ne sont pas nécessairement impliqués « à temps plein » dans la mise en œuvre de technologies mobiles, ce qui expliquerait l’écart avec les estimations provenant d’autres sources (Source : Developer Population and Demographic Study, Evans Data Corp).

Forte concentration des revenus parmi les développeurs d’applications mobiles

Avec la montée en puissance de l’économie des applications, s’est aussi mis en place un autre phénomène : la concentration des revenus autour des applications les plus rentables.

Selon une enquête réalisée auprès de 10 000 développeurs de 137 pays, les revenus des 2,9 millions de développeurs d’applications mobiles dans le monde se sont très fortement concentrés en 2014 : à l’extrémité supérieure de l’échelle des revenus, 3 % des développeurs d’applications dégagent des revenus supérieurs à 100 000 $ par mois et par application et 28 % dégagent des revenus oscillant entre 10 000 et 100 000 $.

La plupart des développeurs, en revanche, ne tirent que peu ou pas de revenus de leur travail. 22 % des développeurs d’applications gagnent entre 100 et 1 000 $ par mois et par application. 24 % n’en dégagent aucun revenu. 2 % des développeurs concentrent ainsi 54 % des revenus générés par les applications mobiles, 9 % en captent 35 % alors que 88 % d’entre eux se partagent les 11 % restants. « La classe moyenne des développeurs d’applications disparaît » notent ainsi les analystes de VisionMobile (Source : Vision Mobile).

Vers une professionnalisation du marketing des applications

L’essor des magasins d’applications comme l’App Store ou Google Play a suscité le développement d’intermédiaires dont l’activité consiste à promouvoir des applications et les faire connaître. Alors que les applications se comptent par centaines de milliers, leurs éditeurs se tournent vers des spécialistes du marketing des applications pour les faire connaître au grand public.

Il y a près d'un an, la start-up française Appgratis était exclue de l'App Store d'Apple, quelques jours seulement après avoir levé 10 millions d'euros. Appgratis proposait à des marques de promouvoir leurs applications. Chaque jour, elle rendait gratuite une application habituellement payante. Selon les Échos, « toutes les start-up positionnées sur la promotion d'applications subissaient plus ou moins le même sort ».

Après avoir généré plus de 2 milliards de recommandations et atteint une audience de 12 millions d'utilisateurs, la société Appfire s’est reconvertie en régie de publicité mobile. Selon son fondateur, « Apple a constamment ajouté des conditions plus strictes, des règles obscures concernant les applications de découverte d'autres applications [...] allant jusqu'à interdire certaines de l'App Store. »

Selon les Échos, le marché s'est professionnalisé et a trouvé d'autres formes de promotion. « Avant, n'importe quel développeur pouvait faire monter son application dans les classements de popularité et faire grimper ses téléchargements en s'offrant une campagne de promotion », estime Selon Jérôme Stioui, fondateur de l'agence de marketing mobile Ad4screen. « Désormais, les techniques marketing sont plus fines ; Aujourd'hui, les éditeurs d'applications ne regardent pas seulement le nombre de téléchargements, mais ce que font les utilisateurs, s'ils reviennent fréquemment ».
 

Débats et initiatives autour de la « loyauté » des magasins d’applications

L’essor des boutiques d’applications (stores) attire désormais l’attention des autorités de concurrence. En effet ces plateformes propriétaires deviennent de véritables écosystèmes économiques et ne sont jusqu’ici soumises qu’à des règles établies par les sociétés qui les ont créées.
La transparence, et la prédictibilité de ces plateformes sont devenues des enjeux cruciaux pour l’ensemble des acteurs économiques et pour les citoyens/usagers eux-mêmes.

Début 2013, Bruno Lasserre, le président de l'Autorité de la concurrence annonçait « s’intéresser à l'écosystème fermé des applications mobiles. Nous allons vérifier que les fabricants de terminaux et les géants du Net n'imposent pas, par la présence d'applications ou des contraintes tarifaires, des usages de consommation captifs. Il faut veiller à ce que les consommateurs ne soient pas enfermés dans de nouveaux monopoles ». 

Dans le rapport qu’il avait consacré à la neutralité en mars 2013, le Conseil national du Numérique (CNN) avait recommandé d’étendre le principe de neutralité des réseaux (infrastructures) aux « services d'accès et de communication ouverts au public, c'est-à-dire aux services d'accès à d'autres services dont l'usage se généralise dans la population ». Plus récemment, il s’interrogeait sur l’usage qu’aurait fait Google de sa boutique d’applications GooglePlay pour dissuader certains constructeurs asiatiques d’utiliser des versions dérivées (« forks ») d’Android. Selon le CNN, « les applications doivent pouvoir être techniquement accessibles, ce qui pose la question de l’interopérabilité des systèmes d’exploitation ainsi que de leur disponibilité dans les stores ». Il attend de l’autorité de concurrence qu’elle se prononce « sur le fait que les entreprises ne favorisent pas systématiquement leurs propres applications, pré-installées ou référencées ». (Source :

La société portugaise Aptoide, qui édite une boutique d’applications pour Android, a déposé ej juin 2014 une plainte devant la Commission Européenne pour abus de position dominante. Aptoide reproche à la société Google d’installer des barrières à l’entrée de son système d’exploitation afin d’inciter les utilisateurs à passer par le PlayStore plutôt que par une autre boutique d’applications. Selon Aptoide, les mises à jour successives d'Android ont rendu de plus en plus compliquée pour l’utilisateur l’installation d’applications hors du Google Play Store. Quatre usagers sur cinq y arrivaient avec Android 2.1 : ls ne seraient plus que 20 % avec Android 4.0. Aptoide assure à ce jour détenir un peu plus de 200 000 applications et approcherait les 900 millions de téléchargements. (Source : The Wall Street Journal

À la suite d’une série de plaintes concernant des achats d’applications intégrées dans des jeux en ligne, et notamment des achats effectués par inadvertance par des enfants, la Commission européenne avait à la fin 2013 demandé aux principales boutiques d’applications mobiles (Appstore et GooglePlay) de prendre des mesures pour protéger les consommateurs.

Afin d’encadrer le développement du modèle «freemium», la Commission européenne et les autorités nationales de protection des consommateurs avaient demandé à Apple, à Google et à la Fédération européenne des logiciels de loisirs en décembre 2013 :

  • « que les jeux annoncés comme « gratuits » n’induisent pas le consommateur en erreur quant aux coûts réels impliqués ;
  • que les jeux n’encouragent pas directement les enfants à acheter des applications intégrées dans un jeu ou ne persuadent pas un adulte d’en acheter pour eux 
  • que les consommateurs soient dûment informés des modalités de paiement et les achats ne soient pas débités au travers de paramètres par défaut sans le consentement exprès des consommateurs ;
  • que les sites de vente indiquent une adresse de courriel pour que les consommateurs puissent les contacter s’ils veulent poser une question ou se plaindre ».

Donnant suite aux demandes de la Commission, la société Google s’est engagée à ne plus utiliser plus le mot « gratuit » lorsque les jeux intègrent des achats d’applications. Google élaborera des lignes directrices ciblées pour les créateurs d’applications et adoptera un calendrier de mesures visant à contrôler les cas apparents de violation du droit européen de la consommation. Google a également adapté ses paramètres par défaut afin que les paiements soient autorisés avant chaque achat d’application intégrée dans un jeu, sauf si le consommateur choisit de modifier ces paramètres. La société Apple, pour sa part, n’a pris aucun engagement. Apple met en avant les possibilités de contrôle parental présentes dans les réglages d’iOS ainsi que la possibilité de désactiver les achats intégrés aux applications. 

Les autorités américaines de protection des consommateurs s’efforcent, elles aussi, de réguler ces pratiques, illustrées par la somme de 2600 dollars qu’une petite fille avait dépensé via l’application Tap Pet Hotel. 

 

Voir aussi :

Protection des consommateurs européens contre les achats « surnuméraires » dans les jeux sur mobiles

Protection des consommateurs européens contre les achats « surnuméraires » dans les jeux sur mobiles

Débats et initiatives autour de la « neutralité » des magasins d’applications

Forte concentration des revenus sur un petit nombre de développeurs d’applis mobiles

L’économie des applications mobiles représente 1,8 million d’emplois en Europe

Mobiles et économie : 102 milliards d'applications téléchargées en 2013

Près de 500 000 emplois créés aux États-Unis, autour des applications mobiles

L'écosystème européen du mobile représente 174 milliards d'euros de revenus et 1,7 million d'emplois