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L'apport du mobile dans la lutte contre la marée noire

<p>L'apport du mobile</p>
<p>dans la lutte</p>
<p>contre la marée noire</p>

En avril dernier, la plateforme pétrolière Deepwater Horizon de BP explosait dans le Golfe du Mexique en provoquant un écoulement continu de pétrole brut sur les côtes de plusieurs états américains. En 100 jours, 780 millions de litres de pétrole ont été dispersés. De nombreux citoyens se sont impliqués dans l’observation et la lutte contre les effets de la marée noire. Cet événement a aussi donné l’occasion aux Américains d'utiliser leurs smartphones pour recueillir et transmettre des informations sur les dégâts aux autorités et aux scientifiques. Les différentes fonctions des terminaux mobiles ont alors été mises à contribution. Ainsi, les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, sont devenus des outils de recueil et de diffusion des données. Par la suite des applications mobiles spécifiques ont été créées qui faisaient appel au public afin de fournir des données selon la méthode dite du « crowdsourcing ». Les scientifiques ont ainsi pu rassembler les observations issues des bénévoles afin de les aider dans leurs recherches sur les mouvements de la nappe de pétrole. En plus de permettre aux équipes de secours de mieux coordonner la lutte contre la marée noire, ces informations ont permis l’analyse de l’impact à court et moyen terme de la marée noire. 

L’une de ces premières applications Oil Reporter a été créée par les chercheurs de l'université de l’État de San Diego (SDSU) pour les plateformes iPhone et Android. Les témoins pouvaient y partager des informations sur la catastrophe avec les scientifiques. Les habitants des États touchés, mais aussi les touristes, envoyaient photos, vidéos et commentaires via leur smartphone, témoignant ainsi de l'état des côtes. Grâce à une jauge, ils estimaient aussi le niveau de pollution de l'eau à l'endroit où ils se trouvaient.

Collaboration entre les autorités, les scientifiques et les citoyens

Les informations, géolocalisées et datées par l’application Oil Reporter, ont alors été compilées par les chercheurs qui dû les vérifier, puis les traiter afin de les intégrer à leurs travaux. L’objectif était de proposer une carte complète et mise à jour des effets de la marée noire dans la région. Les scientifiques pouvaient alors fournir des images donnant une vision beaucoup plus précise de l'état de la côte que celle qui était disponible via les images satellites. 

L'association de défense de l'environnement Louisiana Bucket Brigade aidée par l'Université Tulane à la Nouvelle-Orléans proposait ainsi aux habitants de Louisiane de partager leurs informations sur la catastrophe. Les mobinautes pouvaient envoyer des messages lorsqu'ils « voyaient, sentaient ou ressentaient » les conséquences de la nappe pétrolière. Cette fois, au-delà des images brutes et des estimations de l'impact direct de la catastrophe sur la nature, il s'agissait aussi de connaître l’impact social de cette marée noire et en particulier d’évaluer les pertes d'activités en termes d’emploi ainsi que pour l’économie locale, l’impact environnemental, l’impact sur la santé, etc.

D'autres applications pour mobiles ont facilité ce partage de données entre grand public et experts. Spill Map pour Android, utilisait les fonctions de saisie de sons, vidéos, images et textes, et Oil Spill Tracker Map proposait de visualiser la cartographie des côtes incluant les renseignements introduits par les mobinautes. D’autres applications similaires comme MoGo ont été mises en place sur la plateforme Android. L’application Oil Spill Response proposait aussi la saisie d'un état des lieux par les internautes, principalement à destination du grand public. 

De nouveaux usages pour les réseaux sociaux mobiles

D'autres acteurs ont utilisé les smartphones pour suivre l'évolution de la catastrophe sans avoir recours à des applications spécifiques. Des démarches simples ont permis de receuillir de façon précise les informations souhaitées. Ainsi, le département informatique de l'Université de Boulder au Colorado, a proposé aux mobinautes de publier via Twitter des éléments concernant les conséquences de la marée noire. Des mots clés (ou tags) prédéfinis servaient à automatiser la collecte de données. Ainsi #lat et #long permettaient d’indiquer latitude et longitude du point d'observation. #smell (odeur), #wildlife (faune et flore) ou encore #volonteer (volontaire) qualifiaient le type d’information transmise aux équipes scientifiques.

Le groupe Crisis Commons invitait les mobinautes à géolocaliser leurs messages Twitter concernant la marée noire à destination de la San Diego State University (SDSU) en les accompagnant du mot #oilreport. Si la saisie de ces mots clés (hashtags) est plus longue qu'avec une application mobile, les messages twitter présentent l'avantage de ne pas exiger une plateforme de smartphone particulière.

Enfin, plusieurs applications mobiles se sont spécialisées sur les conséquences écologiques de la marée noire et en particulier les menaces sur la biodiversité. C’est le cas de Oil Spill in Gulf Coast qui recense les espèces animales ou végétales qui ont été mises en danger lors de cette catastrophe. Les autorités ont aussi utilisé le mobile pour communiquer avec les citoyens au cours de cette crise. Des alertes SMS ont été mises en place par le site officiel du centre de commandement de l’opération Deepwater Horizon. Des informations générales, par état ou par thématique étaient ainsi envoyées aux citoyens qui en faisaient la demande.

Les acteurs locaux ont ainsi pu tirer parti des technologies des systèmes d’information géographique (SIG) pour associer les citoyens à une démarche publique et participative. L’une des évolutions intéressantes des réseaux sociaux sur mobile sera liée à l’usage des fonctions de géolocalisations (cf. dossiers sur les nouveaux réseaux sociaux géolocalisés). Ces réseaux en plus de leurs fonctions d’informations sur un lieu peuvent ainsi devenir des outils de coordinations des secours sur les sites touchés par une catastrophe. 

Des appels aux mobinautes qui devraient se généraliser

Comme lors d’autres crises récentes (tremblement de terre en Haiti et plus récemment au Chili), les mobiles sont amenés à tenir un role important dans les réponses aux catastrophes. Les concepteurs de l'application Oil Reporter insistent aussi sur la nécessaire implication des chercheurs et citoyens, dans le suivi de ce type d'événements. Le « crowdsourcing », s’il peut apporter des informations de terrain indispensables, détaillées, en temps réel, exige aussi des scientifiques, des autorités ou des associations des méthodes strictes de vérification de l'information. Ainsi, en plus des applications spécifiques, l’un des enjeux cruciaux liés à l’usage des réseaux sociaux sur mobile sera lié à la validation des sources d’informations en particulier lorsqu’il est question de la protection de l’environnement.

 

Crédit photo : Dave Martin, AP/SIPA