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Les perspectives du multilinguisme et de la traduction sur mobile

<p>Les perspectives du</p>
<p>multilinguisme et de</p>
<p>la traduction sur mobile </p>


Au regard de la question des langues, les services mobiles présentent un aspect paradoxal. L’immense majorité des applications mobiles sont aujourd’hui monolingues, cloisonnées en autant de langues que de marchés nationaux ou de régions linguistiques. Dans le même temps, l’essor des smartphones donne lieu à un grand nombre d’innovations destinées à surmonter les barrières linguistiques : traduction de textes et surtout traduction vocale quasi-instantanées. Les trois «briques» technologiques nécessaires à la mise en œuvre de la traduction vocale « à la volée » - la reconnaissance vocale (conversion de la voix en texte), la traduction instantanée (de texte à texte) et la synthèse vocale (texte-voix) - apparaissent désormais sur les terminaux mobiles.


Les applications mobiles majoritairement monolingues

La plupart des applications mobiles sont aujourd’hui conçues pour des publics nationaux ou locaux. Un effort de traduction peut cependant se justifier pour certaines d’entre elles, notamment celles qui peuvent être utiles aux touristes. La prise en compte de la diversité linguistique concerne en premier lieu les acteurs «globaux» (grandes marques, institutions et ONG internationales) qui s’adressent à un public international. Cet effort de prise en compte des langues concerne aussi les pays où coexistent plusieurs langues. Les éditeurs de systèmes d’exploitation mobiles ont été les premiers acteurs impliqués dans le multilinguisme. Symbian (Nokia) avait ainsi «localisé» ses menus et interfaces dans 45 langues, Android en 40 langues, iOS (Apple) pour 34, BlackBerry pour 33 et Windows Phone pour 24 langues (Source : Moravia). 

Le cabinet Moravia, spécialisé dans la traduction de services numériques, évoque les différentes contraintes que doivent gérer et anticiper les développeurs lorsqu’ils entreprennent de traduire ou de « localiser » une application mobile (variabilité des formats de date et d’heure, unités monétaires, symboles des poids et mesures, spécificités liées à la grammaire et à la ponctuation). L’écran de petite taille du mobile impose des contraintes qui pèsent davantage sur certaines langues : ainsi, la traduction d’un texte de l'anglais vers l'allemand augmente de 50 % le nombre de caractères. L’affichage d’un texte sur l’écran varie aussi selon le sens de lecture de la langue (Source : Moravia). 

John Yunker, éditeur d’un rapport annuel sur la mondialisation du web (Web Globalization Report Card) évoque les problématiques de «négociation de langue» dans les services mobiles. C’est le processus par lequel un navigateur (web ou mobile) détecte la préférence linguistique paramétrée par son utilisateur afin d’afficher des réponses ou des résultats dans la langue sélectionnée, lorsque celle-ci est disponible. John Yunker a entrepris de comparer «l’expérience linguistique» dans l’univers du Web et dans celui du mobile. Selon lui, les grandes entreprises ne consacrent pas encore des efforts comparables entre leurs sites web et leurs applications mobiles. Ainsi, la plupart des grandes marques rendent leurs sites accessibles dans 20 langues, tandis que leurs applications mobiles ne sont accessibles que dans 10 langues (Source : GlobalByDesign). 


Surmonter les barrières linguistiques

Certaines applications mobiles se donnent pour objectif d’aider les personnes en déplacement à l’étranger à prendre en compte leur environnement linguistique. Ainsi, l’application Word Lens utilise la réalité augmentée pour traduire directement du texte (entre la langue française, anglaise et espagnole), qu’il s’agisse de panneaux indicateurs, d’affiches publicitaires ou de textes courants. S’il existe des applications mobiles de guide touristique ou de dictionnaire de poche, l’utilisateur doit souvent saisir manuellement les termes ou les photographier puis les passer au crible du logiciel de reconnaissance. L’application Word Lens traduit, elle, instantanément le texte «capturé» par l'appareil photo du smartphone de l’anglais vers l’espagnol et inversement. 

En février 2011, Google a présenté ses avancées dans le domaine de la traduction en temps réel : la traduction d'un texte à partir d'une photo prise par un smartphone (en passant par un logiciel de reconnaissance automatique de caractères) et la recherche vocale sur Internet en cinq langues (anglais, japonais, chinois et allemand).

La société japonaise Omron Software a conçu une application mobile capable de traduire instantanément des textes en Japonais en visionnant le texte traduit à travers la caméra du téléphone. L’application interprète en temps réel l’image captée par la caméra et la transforme directement à l’écran sur le principe des applications de réalité augmentée. Ce système permet de traduire des textes courts, comme les panneaux de signalisation urbains, et superpose la traduction au texte original sur l'écran. Le logiciel traduit alors les textes issus du coréen, du chinois et de l'anglais en japonais (Source : Ambassade de France au Japon / ADIT). 


Les avancées de la traduction instantanée sur mobile

La traduction instantanée (ou « quasi instantanée ») des conversations a longtemps été considérée comme une chimère technologique. La traduction des mots prononcés en quelques dixièmes de secondes - et ce avec une qualité suffisante pour soutenir des conversations ordinaires - nécessite la maîtrise de trois technologies complexes : la reconnaissance vocale (conversion de la voix en texte), la traduction instantanée (de texte à texte) et la synthèse vocale (texte-voix). À la maîtrise de ces trois technologies s’ajoute la complexité de la perception du contexte dans lequel sont prononcés les mots et les phrases, cette «contextualisation» commence à être transformée par les technologies mobiles qui permettent d’intégrer des éléments de contexte géographique dans les algorithmes de traduction.

Depuis 2008, Google a mis au point, une version web mobile de son service Google Translate, convertie depuis quelques mois, en application mobile, Mobile Translate. L’application capte et enregistre les paroles d’une personne, les traduit dans un langage cible et renvoie le texte résultant pour qu’il puisse être, au choix, lu par l’utilisateur sur son écran ou entendu directement sur le téléphone. L'application permet de traduire des textes en 50 langues différentes et reconnaît 15 langues grâce aux technologies de reconnaissance vocale. Il est également possible de lire à haute voix les résultats dans 23 langues différentes, grâce à un système de synthèse vocale. Introduit plus récemment, le «Mode Conversation», permet par le biais de la reconnaissance vocale, de traduire en quasi-temps réel la conversation de deux personnes parlant deux langues différentes (ce mode est disponible à ce jour entre l’anglais et l’espagnol,).


Vers la traduction à la volée des conversations

Les avancées des technologies de traduction en temps réel visent désormais la messagerie instantanée sur terminaux mobiles. Ainsi, les ingénieurs de Microsoft Research travaillent au développement d’un outil baptisé « Conversation Translator » qui permet de traduire à la volée une conversation de messagerie instantanée. L’outil s'appuie sur le moteur de recherche Bing et prend en charge 35 langues. 

Le coréen Samsung quant à lui annonce le lancement prochain de "Real Translator", qui permettrait à deux interlocuteurs de se comprendre grâce à un écran transparent (de type Amoled) qui traduit et affiche au format texte les mots prononcés par chacun des protagonistes de la conversation, et ce sur chaque face de la dalle translucide.

Selon Singularityweb, malgré la montée en puissance des ordinateurs et le perfectionnement des algorithmes, la traduction véritablement instantanée, nécessaire pour tenir une conversation naturelle, se heurte à des limites : pour éviter la traduction mot à mot, le logiciel de reconnaissance vocale doit attendre qu’une phrase soit prononcée en entier avant d’en entreprendre la traduction. Et, contrairement aux interlocuteurs humains, les ordinateurs sont pour l’instant dans l’impossibilité d’interpréter l’intention (ou l’état émotionnel) des locuteurs et ne peuvent donc s’appuyer que sur les phonèmes perçus et peinent encore à prendre en compte le contexte général d'une discussion. 

L’opérateur japonais NTT Docomo avait dévoilé en mai 2011 une application mobile de traduction, qui permettait des conversations «presque» naturelles entre deux interlocuteurs parlant japonais, anglais, coréen et chinois, sans marquer de temps d’arrêt pour attendre la traduction. L'application avait alors la capacité de reconnaître jusqu'à 90 % des mots en japonais et 80 % des mots anglais. En juin 2012, Docomo a engagé une deuxième phase de test de son service auprès de 10 000 personnes et devrait l’étendre à sept autres langues : allemand, français, espagnol, portugais, italien, thaï, et indonésien. Le service peut être utilisé selon deux modalités différentes. En face à face, les interlocuteurs utilisent le téléphone comme un interprète, en parlant a tour de rôle : le service de traduction affiche sur l‘écran une traduction dans les deux langues, puis la prononce à l’aide d’une synthèse vocale. Quand les interlocuteurs sont distants, le service ne fonctionne alors qu’en 3 langues : anglais, coréen et chinois. Docomo propose, par ailleurs, une application qui permet de traduire des SMS et des courriers électroniques vers 4 langues : coréen, japonais, anglais et chinois (Source : Engadget). 

Aux États-Unis, l’opérateur AT&T propose une application de traduction en temps réel qui repose sur la technologie de reconnaissance vocale Watson. Cette application «AT&T Translator» est disponible en sept langues : anglais, français, allemand, italien, espagnol, japonais et le mandarin (Voir vidéo). Le centre de recherche d’AT&T vient d’annoncer qu’il ouvrira les interfaces de programmation (API) de son outil de reconnaissance vocale Watson (initialement conçu pour les centres d’appels) afin de permettre aux développeurs de réaliser leurs propres applications basées sur cette technologie (Source : Laboratoires AT&T).


Risques d’« extinction numérique » pour 21 langues européennes

Selon une étude menée par un groupe d’experts européens, 21 des 30 langues européennes étudiées seraient menacées. Faute de soutien technologique dans les domaines de la traduction automatique, des interfaces vocales, de l’analyse textuelle et de la disponibilité de ressources dans les langues considérées.

Seul l’anglais est présenté comme disposant actuellement d’un «bon soutien», suivi de langues comme l’allemand, l’espagnol, le français, l’italien et le néerlandais qui bénéficient d’un « soutien moyen ». Des langues comme le basque, le bulgare, le catalan, le grec, le hongrois et le polonais présentent un « soutien marginal », qui les place dans la catégorie des «langues en danger». Pour les auteurs de l’étude, la majorité des langues européennes manquent de technologies essentielles à leur pérennisation et certaines d’entre elles en sont presque totalement dépourvues.

Le domaine des technologies linguistiques comprend les logiciels de traitement automatique du langage humain écrit ou parlé, les correcteurs orthographiques, les assistants vocaux (comme Siri), les systèmes de traduction automatique (comme Google Translate), les moteurs de recherche web ou les logiciels de synthèse vocale utilisés par les GPS dans les automobiles (Source : Meta-Net). 

 

HTML5 et traduction

Dans la perspective de la généralisation du langage HTML5 sur les terminaux mobiles, le World Wide Web Consortium (W3C), l’organisme de standardisation du web, a mis en place un groupe de travail pour élaborer des méthodes normalisées pour la traduction ainsi que pour l’adaptation des contenus aux exigences linguistiques locales. Le MultilingualWeb–LT (Language Technology) Working Group http://www.w3.org/International/multilingualweb/lt/ se propose en particulier d’élaborer des recommandations relatives aux métadonnées linguistiques. Il est à noter que ce groupe de travail et le projet MultilingualWeb, sont soutenus par l'Union européenne (Source :W3C). 

 

Voir aussi :

Les enjeux technologiques du multilinguisme sur les mobiles

Les progrès de la traduction instantanée sur mobile

Les avancées de la traduction instantanée sur mobile

Traduction sur mobile à la volée

Traduction instantanée en réalité augmentée sur mobile

Risques d’« extinction numérique » pour 21 langues européennes