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Vie locale


Mobile et participation à la vie publique

<p>Mobile et participation</p>
<p>à la vie publique</p>

Le mobile accélérateur des mutations de l’espace public

Les services de l’Internet « traditionnel » ont contribué, depuis quinze ans, à enrichir le débat public tout en ouvrant aux citoyens de nouvelles formes d’engagement civique. Les nouveaux services issus du mobile ont aussi permis une diffusion plus rapide de l’information publique, tout en démultipliant les canaux d’échange entre citoyens et responsables politiques (via les blogs, forums ou encore les réseaux sociaux). L’une des caractéristiques des services mobiles réside dans la captation via le téléphone des photos ou de vidéos. Les séquences mises en ligne sur les réseaux sociaux ou via des plateformes d’échanges deviennent alors immédiatement accessibles et ce dans le monde entier. Ces échanges ont parfois été créés à l’initiative des acteurs publics nationaux ou locaux, mais comme l’ont montré les « mobinautes » tunisiens ou égyptiens ils peuvent aussi constituer les nouveaux outils de coordination des mouvements d’opposition aux régimes en place. Le terme de « mDemocracy » tend désormais à désigner une palette de services et d’usages, créés par les pouvoirs publics (nationaux ou locaux), par des développeurs, des ONG, des associations ou des éditeurs de services.


S’informer sur les travaux parlementaires et gouvernementaux

Plusieurs Parlements proposent aux citoyens européens de suivre leurs travaux depuis leurs mobiles. En France, les sites mobiles de l’Assemblée nationale et du Sénat donnent ainsi accès à l‘ordre du jour des travaux parlementaires (séance publique et travaux des commissions), aux comptes rendus des dernières séances ainsi qu’aux propositions de lois. Sur le plan européen, c’est l’agenda de l’Union européenne (travaux du parlement, du Conseil et de la Commission Européenne) qui a été adapté sur le web mobile. De nombreux Parlements proposent aussi des applications mobiles : le Bundestag en Allemagne a remporté le prix « m-gouvernement » lors du Mobile World Summit Award 2010. Aux États-Unis, l’application du Sénat de l’État de New York, conçue spécifiquement pour les tablettes interactives, a été développée en "open source" par les personnels du Sénat de New York et devrait permettre la réutilisation par d'autres acteurs publics. Les applications mobiles issues des Gouvernements français et britannique permettent quant à elles d’accéder aux comptes rendus du Conseil des ministres, aux vidéos et podcasts du Premier ministre, à la composition du gouvernement avec les biographies de chaque ministre ainsi que leur agenda. Aux États-Unis, l’application de la Maison Blanche permet de suivre en direct les conférences de presse du Président.

En plus de leur présence traditionnelle sur le web, les institutions parlementaires et les gouvernements relaient ces informations sur les réseaux sociaux via des pages Facebook et des fils Twitter. C’est aussi le cas des parlementaires eux-mêmes : dans un grand nombre de pays, des députés rendent compte, en direct, des débats auxquels ils participent. La perception du partage entre le huis clos et l’échange public fait encore l’objet de débats entre les parlementaires eux-mêmes.
Les technologies mobiles ouvrent aussi la voie à de nouvelles formes d’interaction entre élus et citoyens. Aux États-Unis, l’État d’Arizona a développé une application qui recense les personnalités politiques : à l’aide du GPS, les citoyens peuvent identifier leurs représentants au niveau des comtés, de l'État et du niveau Fédéral et entrer en contact avec eux. Give a Minute permet aux citoyens de plusieurs grandes villes américaines de contribuer à l’amélioration de leur cité : les idées et suggestions transmises par SMS sont affichées sur un site web sous forme de « post-it ». Les décideurs locaux s’engagent à en prendre connaissance puis à faire avancer celles qui leur semblent les plus pertinentes.

Le mobile au service de la transparence de l’action publique

Une autre tendance issue de l’intégration de la géolocalisation correspond au suivi des actions publiques sur les mobiles. Ainsi, les citoyens de Washington pourront bientôt suivre le budget et les dépenses de leur ville. Les données nécessaires à l'établissement de 25 tableaux de bord ont été mises à disposition des citoyens par les autorités locales. Elles seront accessibles sous forme de graphiques interactifs grâce à un logiciel de visualisation de données financières dédié aux mobiles. L’application Mobile Gov IT regroupe les données budgétaires relatives aux projets informatiques du gouvernement fédéral américain (prévisions budgétaires, programmes, contractants) et permet ainsi de suivre la manière dont le budget « technologies de l’information » du gouvernement américain (79,4 milliards de $) sera dépensé en 2011. Plus récemment, une application de suivi des dépenses du Plan de Relance américain a été mise en place. Celle-ci s’appuie en particulier sur l’ensemble des réseaux sociaux pour permettre aux citoyens américains de connaître la nature et la localisation des structures ayant reçu des fonds publics.

Mobiles et nouvelles formes de surveillance des processus électoraux

Dans les pays émergents, des organisations issues de la société civile (ONG, associations) se saisissent du mobile pour « surveiller » l’action des pouvoirs publics, au plan local comme au plan national. Ainsi, au Kenya, l’ONG Sodnet a mis en place en 2008 le Budget Tracking Tool, un outil de traçage du budget alloué au développement local. En envoyant un simple SMS, les citoyens équipés d’un mobile au Kenya peuvent ainsi obtenir les informations sur les projets locaux, surveiller l’allocation des crédits et alerter la presse, le cas échéant, sur toute forme de corruption. 4500 SMS sont envoyés chaque mois.
Des outils de même nature sont mis en œuvre pour surveiller les processus électoraux et veiller à leur intégrité. Il n’est pas toujours possible de déployer sur le terrain des centaines voire des milliers d’observateurs : des développeurs ont mis au point en 2007 une plate-forme web pour recueillir les irrégularités signalées par SMS par les électeurs dans les bureaux de vote. Les données sont immédiatement cartographiées et permettent de visualiser en temps réel les incidents. Cette plate-forme repose sur le logiciel Ushahidi développé, initialement, pour permettre à des manifestants Kényans d'envoyer par SMS des informations sur les violences urbaines auxquelles ils assistaient ou qu'ils subissaient. Des plateformes de ce type ont ainsi été déployées pour veiller à la régularité des scrutins en Albanie, en Indonésie, au Montenegro et au Sierra Leone. (Source MobileActive.org) ?En avril dernier, lors des élections présidentielles au Soudan (les premières depuis 24 ans), Sudan Vote Monitor avait recensé 300 incidents. Le 26 juin dernier, en Guinée, la plateforme GV10 Witness a permis de surveiller le déroulement du premier scrutin démocratique depuis 1958. Les incidents étaient transmis à la Commission électorale nationale indépendante (CENI).?Selon le contexte national, Ushahidi est paramétré pour prendre en compte divers types d’incidents : non-inscription d’électeurs sur les listes, intimidation, violences, achat de votes, erreurs de comptage, présence de l'armée… Il peut aussi, comme ce fut le cas en Guinée, prévoir une catégorie pour signaler que les opérations électorales se sont déroulées correctement.

Société civile : le mobile au service du financement des ONG

Les campagnes de solidarité ont familiarisé le public avec la pratique du don par SMS. Lors des catastrophes humanitaires, les opérateurs mobiles proposent désormais à leurs clients d’adresser un SMS pour une valeur d’un euro. Ces campagnes de dons peuvent recueillir en quelques jours des sommes considérables. Aux États-Unis, la Mobile Giving Foundation avait ainsi recueilli 35 millions de dollars pour aider les victimes du tremblement de terre d'Haïti.
La collecte de fonds sur le Web avait joué un rôle essentiel lors des dernières campagnes électorales aux États-Unis. Le débat est ouvert aux États-Unis sur l’opportunité d’autoriser le financement des campagnes par SMS. Il revient à la Fédéral Élection Commission, l’autorité de régulation qui veille au financement de la vie politique, d’autoriser et d’encadrer, le cas échéant, la collecte de fonds via SMS pour les campagnes politiques. (Source Politico.com)

Vers une maîtrise démocratique des outils de l'Internet mobile

À mesure que se développent ces nouveaux services, la connaissance et la maîtrise des outils mobiles deviennent indispensables aux citoyens comme aux acteurs publics. En effet, les technologies qui permettront de rendre visible (et lisible) l’action publique deviennent essentielles pour les acteurs publics nationaux et territoriaux. En plus de leurs actions en matière de diffusion et d’échange avec les citoyens, ce sont les missions traditionnelles des acteurs publics qui emprunteront progressivement ces nouveaux canaux. Ainsi, la formation des citoyens mais aussi de leurs interlocuteurs publics sera l’une des conditions nécessaires au succès de ces nouveaux services. Comme le rappelle le juriste Lawrence Lessig, aux risques que ferait courir une trop grande transparence s'ajoutent les risques d’une fracture civique, où seule une partie des citoyens serait à même de participer aux débats et à la vie publique. L’accès à ces nouveaux services comme leur ergonomie de ces services constituent ainsi un véritable enjeu démocratique.

Crédit photographique : Stockholm, Parlement de Suède (Atlantide/Corbis)