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Perspectives et plateformes pour les automobiles connectées

<p>Perspectives et plateformes</p>
<p>pour les automobiles</p>
<p>connectées</p>


Face aux nouvelles attentes des automobilistes, les technologies de télématique embarquée (In Vehicle Infotainment, IVI) sont devenues des dispositifs stratégiques pour les constructeurs. L’automobile connectée correspond ainsi à l’intégration dans les véhicules de nouvelles générations de services liés à l’Internet. De nouvelles fonctions d’aide à la navigation, d’informations et de prévisions du trafic ou encore de services audiovisuels font progressivement leur apparition à bord des véhicules. À terme ces technologies devraient permettre les échanges avec d’autres automobiles ou la communication avec les capteurs présents dans le véhicule… Il s’agira aussi pour les constructeurs de permettre l’interopérabilité entre les terminaux mobiles des usagers et les systèmes intégrés dans les automobiles. Ces nouveaux services pourraient ainsi devenir cruciaux lors de la décision d’achat d’un véhicule. En effet, les consommateurs souhaitent disposer à bord de leurs automobiles, de services équivalents, voire plus élaborés, que ceux qui sont présents sur leurs terminaux mobiles.

Concevoir de nouveaux standards avec les acteurs du numérique

Les automobiles pourraient alors devenir des plateformes sur lesquelles des acteurs tiers développeront de nouvelles applications ou de nouveaux services. Afin de fédérer un écosystème d’acteurs et de partenaires autour de leurs plateformes, les constructeurs mettent désormais en œuvre le principe d’«innovations ouvertes».
Les constructeurs automobiles ont en effet progressivement renoncé à concevoir l’intégralité des dispositifs électroniques pour se concentrer sur l’intégration de ces innovations à bord de leurs véhicules. La coopération avec les industriels de l’électronique grand public et les fabricants de technologies mobiles s’est ainsi étendue à des fonctions nouvelles (interfaces tactiles et vocales, connexions à des terminaux ou des capteurs mobiles voire dispositifs de réalité augmentée). Pour être en mesure de développer ces technologies, les constructeurs ont développé de nouvelles alliances :

  • Dès 2003, 160 acteurs industriels se sont réunis autour d’Autosar en vue d’établir une norme logicielle pour l’électronique embarquée.
  • Les sociétés BMW, GM, Nissan, PSA, Renault, Volkswagen, Honda se sont, par la suite, associés avec Intel, Nokia, Samsung et les principaux équipementiers au sein de l’Alliance Genivi afin de développer une architecture logicielle (middleware) basée sur des solutions open source et standardiser l’intégration des appareils électroniques (smartphones, GPS, radio, lecteurs mp3) à bord des véhicules.
  • Les constructeurs ont également opté pour une démarche coopérative pour faire communiquer les smartphones avec leurs tableaux de bord. Le Car Connectivity Consortium réunit des constructeurs, des équipementiers, des industriels des communications mobiles et de l'électronique grand public. Le consortium a mis au point MirrorLink, qu’ils souhaitent imposer comme standard universel pour la connexion de mobiles aux systèmes multimédia des véhicules. Les marques qui promeuvent ce standard (Daimler, General Motors, Hyundai, Mitsubishi, Peugeot/Citroën, Toyota et Volkswagen) représentent environ 60 % du marché mondial de l'automobile.
  • Un consortium concurrent le CE4A  (Consumer Electronics for Automotive) a dans le même temps été créé par les constructeurs allemands (Audi, BMW, Daimler, Porsche et Volkswagen)

D’autres consortiums se sont constitués pour intégrer de nouvelles formes de connectivités au sein des véhicules :

  • La MOST Cooperation (MOSTCO), de son côté, travaille à l’intégration du protocole Ethernet dans l’univers de l’automobile.Pour intégrer le très haut débit mobile 4G, Alcatel-Lucent, Atlantic Records, QNX Software Systems et Toyota ont constitué un consortium, le ng Connect Program, qui promeut le LTE Connected Car. 

Des magasins d’applications dédiées aux automobiles


Les constructeurs automobiles travaillent, depuis une dizaine d’années au développement de « tableaux de bord » qui relieraient les diverses fonctions du véhicule et qui permettraient d’accéder à des services connectés. La plupart des constructeurs ont ainsi développé leur propre système de connectivité : Renault (R-Link), Mercedes-Benz (Mbrace), Lexus (Enform), Toyota (Entune), Volvo (Sensus), Audi (Connect), BMW (Connected Drive), Peugeot (Connected Apps), Ford (Sync et MyFord Touch), Chevrolet (Mylink), Saab (Iqon), Mini (Mini Connected).

L’intérêt de ces dispositifs repose sur la variété et l’ergonomie des applications disponibles, les constructeurs ont ainsi progressivement admis qu’ils ne pourraient développer seuls l’ensemble de ces applications. Les industriels de l’automobile ont alors créé des partenariats avec des acteurs issus du monde du logiciel afin de fédérer des communautés de développeurs. La démarche de «plateforme» qu’ils souhaitent mettre en place s’inspire explicitement du modèle des applications téléchargeables qui ont fait le succès des systèmes d'exploitation mobiles iOS et Android. Autour de leurs systèmes de connectivité, les constructeurs ouvrent depuis quelques mois des «magasins d’applications».

Par ailleurs de nouveaux entrants font leur apparition dans le domaine des dispositifs connectés à bord des automobiles. Ainsi, la société française Parrot a ainsi créé un autoradio fonctionnant sous Android et qui permet de télécharger des applications spécifiquement créée pour fonctionner à bord des automobiles.

Fédérer un écosystème autour d’une plateforme

Certains constructeurs ont décidé « d’ouvrir » leur plateforme en mettant à la disposition des développeurs des « kits de développement logiciel » (Software Development Kit, SDK) . L’objectif est de permettre à des tiers de créer des applications sur-mesure pour les futurs modèles de leur marque. Cette démarche initiée par le constructeur Ford est désormais reprise par de nombreux constructeurs européens et asiatiques.
Le groupe Peugeot a ainsi annoncé la mise à disposition prochaine d’un outil de développement logiciel pour stimuler le développement d’applications autour de Peugeot Connected Apps. Peugeot avait déjà invité, au printemps 2012, l’ensemble de ses équipes a «imaginer de nouvelles expériences utilisateurs avec nos objets électroniques et la voiture de demai ». Un mois après l’ouverture du challenge, PSA avait recueilli plus de 1 000 idées, 3 000 commentaires, 4 500 notes  (Source : Voiture communicante).

En vue de fédérer un écosystème d’applications autour de sa plateforme R-Link, Renault a suscité, avec le concours de Paris Région Innovation Lab, la création de Mobilité Connectée, un incubateur d’entreprises innovantes. Cinq jeunes entreprises ont d’ores et déjà rejoint l’incubateur : Apila (concepteur d'application mobile et communautaire d’échange de places de stationnement), Mobiquithings (gestion de flottes logistiques au travers de cartes SIM), Socloz (information géolocalisée sur les magasins : prix et promotions des magasins, horaires, distance), etc.), I-Dispo (service de conciergerie virtuelle), Telepark (solution électronique d’automatisation et de gestion du stationnement).

De l’Open source…. à l’Open hardware

L’industrie automobile, longtemps attachée à développer des solutions propriétaires, n’hésite plus à recourir à recourir à des solutions Open source. Pour mettre au point un middleware commun, l’Alliance Genivi avait opté pour une approche open source et avait retenu le système d’exploitation MeeGo (mis au point initialement par Nokia et Intel) (Source : Zdnet).

Ford, de son côté, explore l’open source pour intégrer dans ses automobiles des composants logiciels mais aussi matériels : caméras, moniteurs de contrôle du carburant, GPS, systèmes de sécurité. Ford s’est associé à Bug Labs, un fabricant de matériels «open hardware» basé à New York, pour mettre au point une station d’accueil intégrée au tableau de bord à laquelle il sera possible de brancher (« Plug and play ») des modules («add-on») logiciels mais aussi matériels. Ford annonce l’ouverture d’un site pour recueillir les suggestions des consommateurs. Le constructeur sélectionnera les meilleures idées d’équipement et les fera fabriquer par Bug Labs. Ce site mettra à la disposition des développeurs des outils pour réaliser des applications compatibles avec les divers appareils. À titre d'exemple, Ford et Bug Labs ont présenté à la Conférence TechCrunch Disrupt un afficheur numérique composé de diodes électroluminescentes (LED) visualisables en semi-transparence sur le pare-brise (à l’instar des systèmes de visée «tête haute» des pilotes de chasse), afin d'indiquer au conducteur si son son mode de conduite est économique en carburant. (Source : Linux for Devices). Ces dispositifs devraient être opérationnels dans le courant de l'année 2013. Ils permettront aux usagers de configurer leur véhicule en fonction de leurs centres d'intérêt et d'acquérir de nouveaux modules à mesure qu’ils seront commercialisés (Source : Wired).

Les constructeurs automobiles s’implantent dans la Silicon Valley

Afin de tirer parti des effets de proximité avec les acteurs du numérique, les constructeurs BMW, General Motors (GM), Mercedes et Volkswagen ont ouvert depuis quelques années des antennes ou des laboratoires dans la Silicon Valley en lien avec des startups et les équipes de l’université Stanford. L’alliance Renault-Nissan a ouvert en 2011 un centre de recherches proche du campus Google à Mountain View. Nissan y conduira des travaux sur l’informatique embarquée : les recherches de Renault porteront sur les services embarqués pour les véhicules électriques. Ford, à son tour, vient d’ouvrir un laboratoire de recherche à Palo Alto, en vue de nouer des partenariats autour de sa plateforme OpenXC. Les interfaces de programmation d’OpenXC autoriseront les développeurs à accéder aux données issues des capteurs présents dans les véhicules afin de le permettre de créer des applications. Ford y travaille aussi à la mise au point de nouvelles générations de capteurs embarqués qui permettront de créer de nouveaux services. Ainsi, la société Weather Underground (basée à San Francisco) envisage, par exemple, d’exploiter les signaux d’activation des essuie-glaces pour affiner ses informations météorologiques locales (Source : Usine Nouvelle).

… et investissent dans des startups

Une autre approche consiste, pour les constructeurs, à se doter d’un instrument financier pour investir dans des startups. General Motors a ainsi créé GM Ventures, dotée d’un fonds de départ de 100 millions de dollars. BMW avait lancé en 2011 BMW iVentures, avec l'objectif est d'investir $100 millions dans des technologies liées à la mobilité et l'efficacité des véhicules. Son premier investissement de 5 millions de dollars a financé l'application de géo-localisation MyCityWay, qui permet de s'orienter pour trouver le plus proche café avec accès WI-FI ou acheter des tickets pour un spectacle.

PSA, pour sa part, a créé, fin 2011, avec Orange, Total et la SNCF, le fonds Eco-mobilité Ventures pour financer des jeunes entreprises innovantes dans le domaine des transports et de la mobilité. Le fonds, doté de 30 millions d’euros, sera dédié à l’amorçage, mais devrait aussi s’intéresser au capital développement. Ce fond n’investira pas seulement en France, mais s’intéressera également aux startups présentes dans d’autres pays de l’Union européenne. 

L’automobile comme plateforme

Le magazine Wired expliquait, en 2009, que l’industrie automobile devait passer d’un modèle vertical, propriétaire, hiérarchique à un modèle ouvert, modulaire et collaboratif. Une transformation « radicale » que le magazine comparait a celle qu’avait vécue l’informatique, lors de l’apparition de l'ordinateur personnel (PC) dans les années quatre-vingt. «Alors que les ordinateurs de la fin des années soixante-dix ne pouvaient utiliser principalement que des logiciels et des matériels fournis par leurs fabricants, les ordinateurs personnels, bâtis autour d’éléments interchangeables, pouvaient être conçus, fabriqués et installés par des tiers».

Trois ans plus tard, le PDG de Ford, Bill Ford, faisait écho à ces propos : «Aucune entreprise, aucune industrie à elle seule ne sera en mesure de résoudre le problème de la mobilité. Il est temps pour nous tous d’appréhender nos véhicules sur la route comme les smartphones, les ordinateurs portables et les tablettes : comme les pièces d'un réseau beaucoup plus grand et beaucoup plus riche».

Les constructeurs, à des degrés divers, semblent désormais partager cette vision de l’automobile comme « plateforme ». Dès 2010, le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn déclarait : «Nous voulons que la voiture devienne une vraie plateforme. Nous avons l’habitude de tout décider pour le client mais ce n’est pas l’avenir. Maintenant, nous voulons laisser décider les clients de ce qu’ils veulent dans leur voiture».

C’est cette préoccupation qu’exprime le coauteur de «L’Age de la multitude», Nicolas Colin : «L’automobile change ainsi de statut : elle n’est plus cet objet achevé, qui ne peut être personnalisé qu’avant l’achat, au stade du choix des options. Elle évolue de manière permanente, au gré des équipements qui lui sont adjoints et des applications qu’elle peut activer. En un sens, elle se rapproche du smartphone : un objet dont la valeur tient aux multiples applications auquel il donne accès/ (…) Ce n’est pas aux constructeurs d’imaginer les applications proposées aux automobilistes. Si l’industrie automobile essaie de concevoir et de développer elle-même ces applications (ou de les sous-traiter), alors elles seront peu nombreuses, bâclées, banales, décevantes – insuffisantes pour détourner les consommateurs de la concurrence par les prix. C’est pourquoi une automobile ne doit pas se contenter d’embarquer quelques applications. Elle doit devenir une plateforme pour des centaines de milliers d’applications issues d’un écosystème de sur-traitants, seul capable de satisfaire l’insatiable demande d’innovation de la multitude». 

 

 

Voir aussi :

Quelles connexions pour les automobiles connectées ?

Nouvelles formes de connexion entre mobiles et… automobiles

La voiture connectée vue par Renault

Automobile connectée : les constructeurs s’implantent dans la Silicon Valley

Automobile : vers des pneus communicants

Un incubateur en Île-de-France pour la mobilité connectée

Concours d’applications autour des voitures connectées

Automobiles connectées : vers la généralisation des commandes vocales

Autoradio et services mobiles dans les voitures

Automobiles et technologies «open hardware»

Bouquets d’applications et terminaux tactiles intégrés aux automobiles Peugeot et Renault

Mobiles et technologies NFC au service de l’auto-partage

Recherche et échange de places de stationnement sur mobile

Des voitures connectées pour fluidifier le trafic routier

Quand la géolocalisation des usagers mobiles permet de réguler le trafic routier

Le smartphone clef des véhicules électriques de location